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Bukavu : Les morts et les vivants cohabitent

A Bukavu, les morts ne reposent plus en paix comme c’était le cas jadis.
L’exode rural, les constructions anarchiques, l’envie de vivre en ville hante plusieurs Bukaviens.
Les cimetières de la Ruzizi (voir la photo) étaient un lieu effrayant il y a quelques années et on y allait que pour l’enterrement.

Aujourd’hui ce n’est pas le cas, d’ici peu, on risque de manquer où déposer un mort.
Des maisons d’habitations sont érigées en pleins cimetières et les constructeurs ne se gênent pas de jeter de côté les os et les croix quand ils creusent.

Ce qui étonne est que tous les humains habitants les cimetières affirment avoir des documents légaux d’achat de ces parcelles et des autorisations de bâtir. Et donc, tous sont en ordre et personne en peux les déranger sauf peut être les esprits de certains morts fâchés de la violation de leurs demeures.

A la question de savoir pourquoi l’on s’acharne ainsi sur les tombes, Paulin Nundu un habitant de l’avenue cimetière dit : »Il n’ y a plus de parcelles en ville et l’autorité nous a demandé de chercher un endroit libre et de le lui proposer. »

Plus d’une bagarre ont été enregistré entre ceux qui viennent enterrer leurs morts et les habitants du quartier cimetière. Ces derniers ne veulent pas que des servitudes de passage soient crées dans leurs parcelles pour faciliter l’accès aux tombes. Les cercueils sont d’abord déposés par terre pendant que l’on gère la bagarre.
Je me demande si la prolifération des tombes et le respect dû aux morts ont céssé d’être des valeurs humaines les plus élémentaires.

Jolly

réhabilitation place del'indépendance

réhabilitation place del'indépendance

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Bukavu : Les marches suffisent-elles pour mettre fin aux violences sexuelles ?

« Sida nous te vaincrons, non aux viols et violences faites aux femmes, oui au processus de paix en RDC… » Voilà ce qu’on pouvait lire sur les banderoles et les calicots que tenaient les femmes de Bukavu le samedi 07 mars dernier.

Elles étaient des milliers, venues de toutes les catégories sociales. Travailleuses, commerçantes, policières, militaires, élèves et journalistes. Elles ont traversé les artères principales de l’avenue Patrice Emery Lumumba scandant des chansons et des slogans pour réclamer le retour de la paix et la fin des violences contre la femme.

Des pagnes, dons de certains partis politiques et associations ont été distribués aux femmes pour la circonstance.

Les Mamans de l’intérieur de la province ne se sont pas jointes à celles de Bukavu dans la marche. Elles ont préféré célébrer la journée de la femme dans la méditation et la prière.

Ont-elles eu raison ? Cette question se pose parce que les femmes manifestent depuis des années. Malgré ces multiples marches, on continue à compter par milliers des femmes victimes des atrocités des groupes armés et de certains éléments indisciplinés de nos forces armées.

« Ces femmes se fatiguent pour rien. Les politiciens veulent les exploiter tout simplement », ai-je écouté raconter, d’un air moqueur, un jeune homme qui observait un défilé des femmes. En guise de réponse, de la part de son compagnon : « on ne sait jamais, peut être qu’elles seront entendues un jour »

Nos autorités comprendront-elles un jour que la femme a assez payé pour les conflits armés imposés à notre pays et qu’il était temps d’œuvrer pour sa paix et sa sécurité ?

Je me demande d’où est sorti l’argent pour l’achat des plusieurs yards des pagnes pour les femmes alors que leurs maris sont impayés depuis plus d’une décennie.

Jolly

photo jif 2009

photo jif 2009

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