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Bukavu : Vendredi devient une journée officielle de la mendicité

Elles sont toujours en groupe devant des magasins et boutiques de la ville chaque vendredi.
Les propriétaires des magasins leur prépare qui des boites d’allumettes, qui 50 francs congolais pour chacune, qui des produits qui ont traîné dans le magasin ou la boutique.
Ces femmes proviennent des quartiers périphériques de la ville et font le tour de presque tous les coins où se fait le commerce.

A la question de savoir pourquoi ces femmes ne viennent mendier que le vendredi, l’une d’elles lâche : »avant on passait chaque jour mais la mairie nous a dit de passer seulement vendredi pour ne pas troubler l’ordre public »

Ce que ces femmes ne déclarent pas ce qu’elles passent des journées entières entrain de balayer les rues de la ville sous le commandement de la mairie qui ne les paient pas et qui leur donne par la suite le droit de mendier chaque vendredi.

Alors qu’ailleurs les retraités et les chômeurs sont pris en charge par l’Etat, dans mon pays on les encourage à tendre toujours la main et à clochardiser. Et nos autorités ne cessent de chanter que le social de la population s’est plus amélioré qu’il y a quelques années.

Jolly

femmes mendiantes

femmes mendiantes

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Bukavu : Les Vendeurs ambulants des saucissons, concurrencent les boucheries

« Nous vendons un produit prêt à la consommation et chacun achète selon ses moyens » dit Papa Simon, le président des vendeurs des saucissons dans la ville de Bukavu.
En effet, depuis que des villages sont inaccessibles suite aux conflits armés, la viande devient de plus en plus une denrée chère. Les fermes ont été pillées et détruites par les belligérants.
La viande provient du Rwanda et des quelques particuliers qui élèvent leurs vaches en ville.

La viande devient dès lors un luxe réservé à la catégorie des nantis tout simplement car un kilo de viande se vendait à deux mille deux cents francs congolais (environ deux dollars) il y a une année. Le kilo se vend désormais à cinq dollars américains.

« Avec un dollars, on sait acheter une tige de saucisson qui pèse environ trois cent grammes, on donne à chaque enfant un petit morceau avec le foufou. Et puis, on peut discuter le prix avec le vendeur » lance Buhendwa, un des grands acheteurs des saucissons.
Encore que ces saucissons sont fabriqués dans des conditions pas assez hygiéniques.

Du côté des bouchers, c’est le désarroi. » Avant on écoulait une ou deux vaches par jour mais depuis un temps, c’est devenu difficile » dit avec inquiétude Nadège, une propriétaire de boucherie très réputée à Bukavu.
C’est qu’elle ne dit pas ce que des fois la viande est avariée au frigo à cause du manque d’électricité et elle doit être vendue dans cet état au risque et péril des consommateurs.

Et comme dans mon pays l’impunité est devenue la règle, personne n’inquiète ceux qui attentent à la vie humaine. Et tout semble marcher à la normale.
Je sais que ce n’est pas aujourd’hui ni demain qu’on s’occupera des tels cas quand on sait que les gros poissons qui ont commis des crimes graves courent toujours en toute quiétude.

Jolly

photo saucisson,client

photo saucisson,client

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Bukavu : Diplômés dans la débrouillardise

Ils sont plantés par dizaines devant les bâtiments avec leurs machines à photocopier et ils proposent à qui le veut leurs services. Lorsqu’on vit dans un pays où trouver un emploi relève du miracle, on apprend à faire avec les moyens du bord pour lutter contre la crise et survivre.

« J’ai une licence en sciences commerciales après cinq années infructueuses dans la recherche d’un emploi, j’ai opté pour la débrouille », confie Rémy, un jeune « photocopieur ». « J’ai reçu ma photocopieuse de mon grand frère qui vit en Belgique et en échange, je dois prendre en charge mes vieux parents et ma propre famille », ajoute-t-il.

En plus de la nourriture pour sa famille, l’argent gagné dans ce petit business permet à Rémy de payer son loyer. Comme tous les autres débrouillards congolais, ce jeune homme garde espoir et croit en un lendemain meilleur. Mais en attendant, il vit au « taux du jour » comme on dit ici.

La débrouille comme récompense pour tous ces jeunes congolais qui étudient dans des conditions très difficiles. Longues distances à pied, frais académiques exorbitants, syllabus et supports de cours vendus au prix fort, tout ça pour finir dans un petit métier. Autant de cerveaux disponibles qui ne demandent qu’à travailler pour leur pays mais qui chôment. Comment espérer que le Congo s’en sorte avec des réalités de ce genre ?

Pendant ce temps, ceux qui sont censés représenter le peuple et répondre à ses attentes s‘affairent à se tirer les cheveux pour tel ou tel autre poste politique. Ces mêmes politiques congolais, incapables de remettre les choses sur les rails dans leur pays, envoient leurs enfants étudier et se réfugier en occident.

Jolly

photocopieuse

photocopieuse

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